Le courrier de la carabane

Un rendez-vous mensuel pour éclairer votre quotidien de parent avec philosophie ! 

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5 astuces pour philosopher avec vos enfants.

On est parfois totalement pris au dépourvu lorsque nos enfants nous demandent au détour d'une tartine : "mais Maman, un soldat, c'est gentil ou c'est méchant ?"

Derrière cette question, et sa projection philosophique de : "peut-on faire du mal pour faire le bien ?", se niche la réalité de toute discussion à visée philosophique :

LA réponse, c'est qu'il y a PLUSIEURS réponses.

ET chaque réponse est légitime, que nous ayons 40 ans ou 5 ans.



J'ai régulièrement des demandes de parents qui ne savent pas ou n'osent pas aborder ces questions complexes avec leurs enfants, de peur de "mal faire". Je vous offre ici avec plaisir une manière simple de répondre au quotidien, directement inspirée des ateliers de philo de la Carabane.



1. Ne négligez aucune question : chacune a son importance.

Les questions qui paraissent parfois le plus anecdotiques et superficielles peuvent donner lieu à des discussions profondes et sont en tous cas révélatrices d'une préoccupation actuelle de votre enfant.

En demandant à sa maman : "A quoi ça sert, le maquillage ?" l'enfant, inconsciemment, se pose la question du rapport à l'apparence et aux autres,…. Il est souvent plus facile de reformuler la question pour amorcer la discussion par son avis. Par exemple : "Est-ce que ta question c'est "pourquoi est-ce qu'on se maquille ?", qu'est-ce que tu en penses, toi ?"…


2. Annoncez dans la discussion que votre réponse n'est "que" votre réponse.

Dans le système scolaire que la plupart de nos enfants fréquentent, il est communément admis qu'il y a UNE réponse à chaque question posée. Un calcul, une poésie, une liste des fleuves de France : on attend des réponses uniques qui admettent un jugement binaire : c'est vrai, c'est faux.

Le danger ? Oublier que beaucoup de questions de la vie sont subjectives donc admettent des réponses multiples. Vous pouvez ponctuer votre discussion de nombreux : "A ton avis… ? Que penses-tu de.…? Que dirais-tu de…? "

En soulignant que ce n'est pas parce que votre enfant n'est pas de votre avis que vous êtes triste ou que vous êtes fâché. Invitez-le aussi à poser la question à d'autres personnes pour avoir d'autres éclairages. Vous pouvez dire : "C'est mon avis, mais demande aussi à ta grand-mère car elle voit les choses autrement…"


3. Expliquez aussi que rien n'est figé dans le temps.

Suivant la même logique, il peut être important de préciser à votre enfant que ce que vous lui dites est votre avis aujourd'hui et qu'il y a quelques années, vous étiez d'un autre avis. Que c'est votre expérience qui vous a permis de nuancer vos positions (avec vos mots bien sûr ! ;-) ) Qu'il est absolument normal de pouvoir changer d'avis sur un sujet et que c'est même une preuve de souplesse intellectuelle.


4. Acceptez de ne pas savoir. Vous n'êtes pas obligés de tout savoir, tout le temps. Dites-le, sans complexe.

Il est aussi assez fréquent que les questions tombent au mauvais moment : un sac de piscine dans une main, un cartable et les lettres à poster dans l'autre, on déroule dans sa tête toute la check-list du matin lorsqu'on entend : "Mais maman, à quoi ça sert de vivre ?" - temps suspendu - sourire crispé.

Détendez-vous, et différez la discussion en apportant un soin particulier à ne pas oublier (pourquoi pas en notant la question sur un post-it pour en rediscuter le soir.) Et hop : "Cette question est vraiment hyper intéressante mais là, je n'ai pas le temps d'en discuter avec toi ; on part à l'école. Je la note et on en parle ce soir."


5. Enfin, et probablement le plus important : accueillez son avis sans jugement, même lorsque c'est horrible. "Moi je pense que les filles, c'est débile." ou "Les méchants, il faut les tuer." Souvenez-vous de tous les points précédents, et détendez-vous ;-)

En revanche, ne vous privez pas d'objectez que vous n'êtes pas du même avis. Et dans ce cas, prenez la précaution de mettre de la distance. Dire : "Je ne suis pas d'accord avec ton idée" ou " Nous n'avons pas le même avis sur la question." est beaucoup plus facile à entendre pour un enfant que "Je ne suis pas d'accord avec TOI."

Bien sûr, il est très important ici de redire que le fait de ne pas être d'accord ne remet absolument pas en cause l'amour que vous vous portez mutuellement.

Et maintenant, régalez vous : à chaque de ces discussions, vous allez voir votre enfant s'épanouir comme une fleur de printemps, parce qu'il est écouté et parce qu'il discute d'égal à égal avec vous. Rapidement, il va affiner son jugement et développer son esprit critique.

N'hésitez pas à me faire part des petites pépites qui émergent dans vos discussions… C'est un bonheur de les partager avec vous !

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