Pourquoi nos enfants se battent-ils ?

Mis à jour : 10 déc. 2020

“Moi d’abord !” “C’est pas moi c’est elle !” “je le déteste!” “t’es le plus nul des frères !”

Les disputes incessantes entre vos enfants vous rendent malade ? C’est normal, cela touche au plus intime de nos liens familiaux mais cette situation se retrouve dans toutes les familles. La réalité d'une vie de famille est rarement en phase avec les fantasmes que nous projetons lorsque nous faisons le choix d’avoir plusieurs enfants. Toutefois, rien n'est irrémédiable et encore une fois, c'est en discutant avec nos enfants que nous les aiderons à changer de comportement.

Pourquoi nos enfants se disputent-ils autant ? Que faire pour apaiser ces rapports de chien et chats ? Allons voir… 




crédit photo : Annie Spratt



Une "banale" histoire de peur


Nous avons une révélation à vous faire. En fait, si les enfants se disputent tout le temps, c'est pour une unique raison : vous.

Ils veulent avoir la totalité de votre amour, de votre temps, de vos attentions et il est, pour certains, absolument insupportable d’envisager partager cela avec quelqu’un d’autre. C'est un réflexe primitif de survie : chez les animaux, les plus faibles sont souvent négligés par la mère qui nourrit en priorité ceux qui ont la plus grande chance de vivre, donc les plus faibles meurent. Bref, les enfants ont le sentiment que s'ils sont privés de votre amour, ils vont mourir.

Bizarrement, ce n’est pas forcément l’ainé qui en souffre le plus. C’est parfois le second qui débarque et se retrouve furieux de n’avoir pas l’exclusivité de votre amour.


Alors, que faire ?


1. Détachez-vous et n’arbitrez pas

Quand je passe beaucoup de temps avec mes filles (par exemple… en confinement ;), il y a des moments que j'adore car elles jouent ensemble, rient et sont hyper complices et d’autres où les conflits sont incessants. Ces heures entières où elles se chipotent pour des broutilles me rendent dingue !

Et finalement quand je prends un peu de recul, je constate que le schéma est toujours le même : l’une chipote l’autre / qui hurle. J’interviens et j’engueule vertement celle qui n’a pas hurlé, en la tenant pour responsable. Souvent à tort.

Autre option, je demande des explications sur ce qui s’est passé et là, j’ai droit à 15 mn de jérémiades dans un sens puis dans l’autre mais ce n’est jamais de la faute de personne. Bref du temps et de l’énergie pour rien.


Le conseil : ne faites pas l'arbitre ( à moins que l'un des deux enfants ait toujours le dessous et soit vraiment dominé). En général, les enfants savent ce qu'ils font. Celui qui provoque l'autre attend qu'il se fasse grondé. Si vous n'intervenez pas, son acte perd tout son intérêt.


Vous pouvez leur dire : "Réglez ça entre vous. Ça ne m'intéresse pas." Tout en respectant les règles de la maison. S'il est interdit de taper, celui qui tape est puni sans circonstance atténuante du type "il m'avait dit que j'étais nul.". Ne rentrez pas dans la discussion.


2. Discutez et rassurez

Quand le conflit est terminé et que le calme est revenu, c'est le bon moment pour en discuter avec celui "qui cherche". Celui qui est toujours en demande traverse peut-être une période de grands changements : il a besoin d'être rassuré et se cherche.


Pourquoi en arrive-t-on là ? Parce qu’elles cherchent mon attention. Ces disputes incessantes sont le signal que je dois arrêter de faire un truc personnel.


La solution ? Ne pas perdre de temps à arbitrer et punir suivant la limite fixée à la maison.

Chez moi, les insultes et les coups sont interdits donc celle qui les a envoyés à l’autre doit lui écrire un mot d’excuse sincère. Ensuite, essayez de faire un truc avec l’un/l’une puis avec l’autre.



3. Donnez plus à celui qui en a besoin


En général, les conflits sont toujours initiés par le même enfant, pendant une période, puis cela change et c'est un autre qui se sent moins en sécurité et qui va à son tour aller "chercher" ses frères et soeurs. Comment faire ?


Quand j'étais enfant - nous sommes une famille de 3 enfants - ma mère actionnait deux leviers quand elle était face à cette situation. Je vous partage son truc car je trouve que ça marche très bien :

  1. Quand l'un de nous était particulièrement pénible avec les autres, ma mère faisait beaucoup plus attention à lui/elle parce qu'il allait mal. Elle lui accordait visiblement plus de temps, plus d'attentions, plus de préférences pendant un temps donné (sans jamais renoncer aux règles fixées à la maison), tout en disant : "Je sens qu'en ce moment tu as besoin d'attention / tu as besoin de moi." Pourquoi est-ce que les autres acceptaient ça ? Parce qu'en parallèle :

  2. Elle disait aux deux autres, comme un secret et une preuve de confiance : "En ce moment, votre frère/votre soeur n'est pas en super forme. Je vais lui accorder plus d'attention pendant quelque temps parce qu'il en a besoin. Je vous fais confiance pour être cool avec lui/elle et je vous demande d'être spécialement sympa." En général, ça marchait.

  3. Et aussi, elle nous répétait tout le temps sa phrase préféré : "On demanda un jour à une bédouine lequel de ses enfants elle aimait le mieux. elle répondit: « le malade jusqu’à ce qu’il guérisse, le petit, jusqu’à ce qu’il grandisse, le voyageur, jusqu’à ce qu’il revienne." (Amin Maloouf, Léon l'africain).

Enfin, gardons en tête, surtout quand on n'en peux plus, que ces disputes n’ont qu’un temps et que nos enfants trouveront un jour en leurs frères et sœurs un appui, une amitié, une relation hors du commun, construite sur une base d’amour, de souvenirs chéris et d'un socle familial et affectif rassurant sur lequel ils pourront s’appuyer toute leur vie.


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